Rencontre d’une lectrice avec une oeuvre insaisissable

          à propos 2Si J-M Barrie a passé une bonne partie de sa vie à réécrire Peter Pan, je n’ai, quant à moi, cessé de relire cette œuvre si singulière, intrigante, et insaisissable. Je me suis reconnue en Peter Pan autant que je m’en suis détachée. Peter Pan m’est aussi familier, qu’étranger. Sans l’envier, je suis attachée à ce personnage, dont je me suis éprise. Plus jeune, j’étais désolée pour lui, j’espérais le sauver. Comme Wendy, j’ai eu « le sentiment de côtoyer une tragédie ».

         Dans ma lecture de Peter Pan, il y a eu un avant et un après connaissance de l’auteur. James Matthew Barrie, un auteur mal connu en France, à qui j’ai rapidement voué une véritable fascination. D’une impudeur pudique, et d’une « insubtibilité » pourtant si subtile, Barrie rend poreuses, invisibles, les frontières entre fiction et réalité, et enrobe un propos noir dans une robe d’insouciance. Par son style de génie, Barrie parle de l’enfance, de la maternité avec une justesse troublante. L’approcher a rendu ma lecture du mythe diamétralement opposée à celle que j’en avais faite plus jeune. Il m’a alors semblé que l’œuvre ne m’appartenait plus, tellement elle lui appartenait à Lui. L’ombre de Barrie planait sur moi, sur Peter. Je réalisai alors que ce n’était plus le roman de mon enfance, mais une véritable autobiographie fictionnelle. 

       Ce blog est ainsi le lieu d’un partage autour de cette œuvre incontournable, qui revêt bien desà propos mystères et des questionnements et d’un auteur de talent pour qui mon admiration ne cesse de croître à mesure que je le découvre. C’est aussi le lieu d’interrogations : autour des origines du mythe, des personnages, d’un auteur incomparable, d’une époque singulière, de l’appropriation de l’œuvre (que trop d’entre nous ne connaisse que par le prisme disneyen), ou encore de sa place dans la littérature de jeunesse contemporaine.

       Pour m’aider à rendre une analyse la plus objective possible, je m’appuierai sur Cracoline, cette lectrice qui est en moi, et qui recouvre à la fois mon lu, mon lisant, et mon lectant. Cracoline se glissera dans la peau des personnages (n’est-ce pas ce jeu symbolique qui sous-tend tout acte de lire ?) afin d’en saisir au plus près, leur(s) personnalité(s), tout en opérant un recul le plus critique possible pour me permettre d’écrire ce blog ; et de vous faire partager mon engouement pour une œuvre, qui, à l’instar de son créateur, est extra-ordinaire.

Contenu Introuvable. Voulez-vous lancer une recherche?